Les figuiers n’attirent pas que les amateurs de fruits mûrs. Sous leurs larges feuilles, la menace rôde en silence, prête à compromettre récolte et santé de la plante. Ravageurs discrets, maladies insidieuses : la liste n’est pas longue, mais elle ne pardonne pas l’inaction. Voici comment reconnaître et gérer ces attaques, avant qu’elles ne ruinent la saison.
Pour s’y retrouver rapidement, voici les principaux dangers qui guettent le figuier :
- Les champignons, qui comptent parmi les maladies les plus courantes du figuier
- Les cochenilles, véritables fléaux pour la santé des arbres
- Les lépidoptères, ces chenilles qui ne laissent aucune chance aux feuilles ni aux fruits
Champignons : les menaces silencieuses du figuier
Le figuier s’épanouit dans les terres chaudes et sèches de la Méditerranée. Là où la pluie se fait rare, les maladies fongiques se montrent discrètes. Mais dès que le printemps ou l’été s’annonce plus humide que prévu, certains champignons profitent de l’aubaine pour s’installer.
La rouille du figuier (Uredo fici) se repère facilement : des taches jaunes parsèment la surface des feuilles, tandis qu’au revers, on observe des points bruns. Les feuilles atteintes tombent prématurément, ce qui expose la plante et freine le mûrissement des fruits. La récolte, elle, s’en ressent aussitôt.
Autre adversaire : la pourriture grise causée par Botrytis cinerea. Cette maladie aime l’humidité et la chaleur. Elle laisse sur les feuilles une poussière grisâtre, qui peut aussi toucher les jeunes pousses. Pour limiter sa progression, des traitements antifongiques existent, utilisables aussi en prévention. Ne rien faire, c’est risquer de voir le figuier dépérir doucement, saison après saison.
Les cochenilles, des parasites coriaces
À première vue, elles passent inaperçues. Pourtant, les cochenilles prélèvent la sève du figuier sans relâche, affaiblissant l’arbre et retardant la formation des fruits. Leur présence se trahit par de petites carapaces aplaties, blanches ou brunes, que l’on retrouve alignées sur les feuilles et les branches.
Côté espèces, la cochenille du figuier (Ceroplastes rusci) s’invite dès mai sur les jeunes feuilles, arborant sa coque blanche caractéristique. Elle peut, à elle seule, provoquer le dépérissement de l’arbre. La cochenille barchetta (Eulecanium persicae) préfère les branches ombragées, où elle forme des rangées continues. Face à une invasion, les traitements insecticides du commerce restent la solution la plus efficace, à condition d’intervenir rapidement. Un contrôle régulier, surtout au printemps, évite bien des déconvenues.
Méfiez-vous aussi des lépidoptères
Les chenilles de certains papillons s’invitent volontiers sur les figuiers. Le tignola (Simaethis nemorana) attaque d’abord les feuilles, dévorant tout sauf les nervures, avant de s’en prendre aux fruits. Les dégâts sont visibles : trouées, feuilles déchiquetées, puis figues percées.
Encore plus redoutables, les larves d’éphestia (Ephestia cautella) creusent des galeries dans la pulpe, qu’elles remplissent de déjections, rendant le fruit impropre à la consommation. Heureusement, des insecticides adaptés permettent de limiter la casse, si l’on agit dès les premiers signes d’attaque.
Face à ces menaces, la vigilance paie. Un figuier surveillé, traité si nécessaire et entretenu, continue de donner des fruits généreux. Ignorer ces dangers, c’est risquer de voir la récolte s’évanouir, saison après saison. La prochaine fois que vous croquez une figue, souvenez-vous : tout cela tient parfois à un geste de prévention, et à un œil attentif posé là où le danger avance masqué.


